Google a ouvert son Mode IA en France le 22 juillet 2026. Depuis, une question revient chez les responsables marketing : comment savoir si leur marque y est citée ? La réponse honnête se construit en deux temps. Search Console mesure une partie de ce qui se passe dans l’AI Mode, mais il ne dit ni sur quelles requêtes ni avec quelle régularité une marque apparaît. Le reste se relève à la main, avec une méthode qui tient compte d’un fait que beaucoup d’outils préfèrent taire : les réponses des IA changent d’un essai à l’autre.

En bref

L’AI Mode, que Google appelle Mode IA en France, décompose une question en sous-thèmes et lance plusieurs recherches simultanées avant de rédiger sa réponse. Search Console compte ses impressions, ses clics et ses positions dans le rapport Performances, et un rapport dédié aux fonctions génératives, ouvert en juin 2026, donne ses impressions par page, sans aucune requête. Aucune de ces sources ne dit si une marque est citée de façon régulière, alors qu’une étude de SparkToro montre que ChatGPT, Claude et l’IA de Google ne rendent presque jamais deux fois la même liste de marques. La citation dans l’AI Mode se mesure donc en fréquence, sur des questions réelles posées plusieurs fois.

Ce que l’AI Mode fait d’une question

L’AI Mode est l’onglet conversationnel de la recherche Google. Google l’a ouvert en France le 22 juillet 2026, sur mobile, sur ordinateur et dans ses applications, selon l’annonce de Google France. L’utilisateur y pose sa question par écrit, à la voix ou avec une image, puis il la prolonge par des questions de suivi. L’échelle n’a rien d’anecdotique, puisque Google revendiquait en juin 2026 plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels pour l’AI Mode.

Sa mécanique repose sur ce que Google appelle le « query fan-out ». Le moteur décompose la question en sous-thèmes et lance plusieurs recherches simultanées, puis il rassemble les résultats dans une réponse accompagnée de liens. Google l’a décrit dès l’annonce de l’AI Mode en mars 2025, et sa documentation sur les fonctions d’IA précise que les pages repérées de cette façon lui permettent d’afficher un ensemble de liens plus large et plus varié qu’une recherche classique.

Schéma du fonctionnement de l’AI Mode de Google : une question décomposée en sous-thèmes, plusieurs recherches lancées en parallèle, puis une réponse accompagnée de liens.
Google décrit cette mécanique sous le nom de « query fan-out » dans sa documentation destinée aux éditeurs.

La différence avec les AI Overviews ne tient pas à cette technique, puisque la même documentation indique que les deux surfaces peuvent l’utiliser. Elle tient à l’usage. Un AI Overview s’affiche au-dessus des résultats d’une recherche classique, alors que l’AI Mode est une conversation, pour laquelle Google annonce un raisonnement plus poussé et des capacités multimodales. Les premiers repères chiffrés publiés en France, le 14 septembre 2026 par Abondance avec Getfluence et Datashake, portent d’ailleurs sur les seuls AI Overviews et ne disent rien de l’AI Mode.

Comment l’AI Mode choisit ses sources

Google ne publie aucune recette propre à l’AI Mode, et il l’écrit clairement. Sa documentation affirme qu’il n’existe aucune exigence supplémentaire ni aucune optimisation particulière pour apparaître dans les AI Overviews ou dans l’AI Mode. Son guide d’optimisation pour les fonctions génératives, mis à jour le 10 juillet 2026, fixe deux conditions techniques : la page doit être indexée et éligible à un extrait dans la recherche, et le site ne doit pas avoir été exclu de ces fonctions dans Search Console.

Le même guide écarte plusieurs idées répandues. Google y écrit qu’il n’est pas nécessaire de créer un fichier destiné aux IA, comme un llms.txt, ni de découper son contenu en petits morceaux, ni d’adopter un style d’écriture particulier, et que les données structurées ne sont pas requises pour ses fonctions génératives. Ces précisions valent pour la recherche Google, et non pour les autres moteurs génératifs, qui publient leurs propres règles.

La description du query fan-out porte en revanche une conséquence pratique, même si Google ne la formule pas en ces termes. Puisque le moteur lance des recherches voisines de la question posée, une page peut être retenue parce qu’elle répond à l’un de ces sous-thèmes, et pas seulement à la requête tapée. Une marque qui ne traite que sa requête principale laisse donc passer les réponses qui se construisent à partir d’une question voisine.

Ce que Search Console mesure de l’AI Mode

Search Console compte l’activité de l’AI Mode, mais il ne l’isole pas. Selon l’aide de Google sur les impressions, les clics et la position, une impression dans l’AI Mode obéit aux règles habituelles, un clic vers une page externe compte comme un clic, et la position suit la même méthode qu’une page de résultats. Une question de suivi y est traitée comme une nouvelle requête. Ces données s’additionnent au rapport Performances, dans le type de recherche Web, avec le reste du trafic de recherche.

Depuis juin 2026, Google propose en plus un rapport sur les performances dans l’IA générative. Il couvre les AI Overviews et l’AI Mode, mais il ne donne que des impressions, c’est-à-dire le nombre de fois où un utilisateur a vu un lien vers le site dans l’une de ces fonctions. Ces impressions se répartissent par page, par pays, par date et par appareil. La documentation ne mentionne ni dimension par requête ni séparation entre les deux surfaces, et le rapport, déployé progressivement, n’apparaît que sur les sites qui cumulent assez d’impressions.

Tableau comparant ce que montrent le rapport Performances et le rapport sur l’IA générative de Search Console pour l’AI Mode : impressions, clics, position, requêtes et pages.
Les deux rapports se complètent, sans jamais isoler l’AI Mode sur une requête donnée.

Deux questions restent donc sans réponse dans Search Console : sur quelles requêtes la marque est citée dans l’AI Mode, et avec quelle régularité. Le rapport Performances contient bien les requêtes, mais Google n’y documente aucun filtre capable de distinguer une impression venue de l’AI Mode d’une impression venue des résultats classiques. Le rapport dédié isole les fonctions génératives, mais il ne contient aucune requête.

Pourquoi une vérification unique ne prouve rien

La tentation est grande de poser une fois sa question dans le Mode IA, de voir sa marque apparaître et d’en conclure qu’elle est citée. Une étude publiée le 28 janvier 2026 par SparkToro et Gumshoe montre pourquoi ce réflexe trompe. Six cents volontaires ont soumis douze questions à ChatGPT, à Claude et aux réponses IA de Google, ce qui a produit 2 961 réponses en novembre et en décembre 2025. Sur ces réponses, la probabilité d’obtenir deux fois la même liste de marques est inférieure à une sur cent, et celle d’obtenir la même liste dans le même ordre avoisine une sur mille.

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La probabilité d’obtenir deux fois la même liste de marques en posant la même question à ChatGPT, à Claude ou à l’IA de Google.Source : SparkToro et Gumshoe, janvier 2026

Les auteurs en tirent une conclusion utile : un pourcentage de visibilité calculé sur de nombreuses questions, posées plusieurs fois chacune, reste une mesure raisonnable, alors qu’un « rang » dans une réponse d’IA ne signifie rien. Ils reconnaissent aussi les limites de leur travail. L’étude n’a pas été relue par des pairs, son échantillon reste modeste, et elle ne dit pas combien d’essais suffisent pour obtenir un résultat solide. Pour Google, les chercheurs ont interrogé les AI Overviews et se sont reportés sur l’AI Mode quand c’était nécessaire, si bien que leurs chiffres ne décrivent pas l’AI Mode seul.

Mesurer la fréquence de mention dans l’AI Mode

Faute de donnée directe dans Search Console, la citation d’une marque dans l’AI Mode se relève question par question. Voici la méthode que nous appliquons, et chacune de ses étapes répond à l’une des limites décrites plus haut.

  1. Nous partons des questions réelles des clients, formulées comme un acheteur les poserait, parce que l’AI Mode travaille sur des questions et non sur des mots-clés. Les longues requêtes du rapport Performances aident à les retrouver.
  2. Nous posons les questions de suivi, parce qu’un acheteur ne s’arrête pas à la première réponse et que Search Console compte chacune d’elles comme une nouvelle requête. Le relevé suit donc la conversation sur deux ou trois tours.
  3. Nous répétons chaque question plusieurs fois, dans une session sans historique. Personne n’a établi le nombre d’essais qui suffit, et nous l’annonçons donc toujours avec le résultat.
  4. Nous relevons trois faits à chaque essai : la marque est-elle nommée, son site figure-t-il parmi les liens, et quelles marques concurrentes apparaissent. Nous ne relevons jamais de rang.
  5. Nous exprimons le résultat en fréquence, par exemple trois citations sur cinq essais, et nous comparons ce rapport d’un mois sur l’autre, sur les mêmes questions.
  6. Nous recoupons enfin avec le rapport sur l’IA générative de Search Console, page par page, en gardant à l’esprit qu’il additionne les AI Overviews et l’AI Mode.

Ce qui fait gagner ou perdre une citation

Ce que Google documente tient en peu de règles, et elles méritent d’être prises au pied de la lettre. Une page absente de l’index, ou privée d’extrait dans la recherche, ne peut pas être citée. Un site exclu par le contrôle de l’IA générative, ouvert à tous les sites depuis le 31 août 2026, disparaît des AI Overviews, de l’AI Mode et des fonctions génératives de Discover, sans que ce choix ne pèse sur son classement dans les résultats classiques. Pour le reste, Google renvoie aux fondamentaux du référencement et à l’intérêt de la page pour ses visiteurs.

Le travail éditorial prend le relais. Parce que l’AI Mode lance des recherches voisines de la question posée, une marque a intérêt à répondre clairement aux questions qui entourent sa requête principale, et pas seulement à celle-ci. C’est la lecture la plus directe de la documentation de Google, et la mesure permet de la vérifier : une page qui commence à apparaître sur des questions de suivi donne un signal à suivre de près. Pour la mesure sur l’ensemble des moteurs, notre article sur la mesure de la visibilité IA détaille les indicateurs, et celui sur les AI Overviews en France revient sur l’autre surface générative de Google.

Questions fréquentes

Ouvrez l’onglet Mode IA de Google, posez la question comme un client la formulerait, puis notez si la marque est nommée et si son site figure parmi les liens. Répétez la même question plusieurs fois, parce que la réponse change d’un essai à l’autre, et exprimez le résultat en nombre de citations sur le nombre d’essais.

En résumé

L’AI Mode se mesure en partie dans Search Console, qui en compte les impressions, les clics et les positions sans dire sur quelles requêtes ni avec quelle régularité une marque est citée. Le complément se relève question par question, sur plusieurs essais, et se lit en fréquence de mention plutôt qu’en rang. C’est la base de notre méthode, et le comparatif des agences GEO montre que peu d’acteurs du marché publient la leur. Pour savoir comment votre marque apparaît aujourd’hui dans le Mode IA de Google, réservez un échange avec PeakView AI.